Après trente-cinq années passées à Paris, dont les dernières derrière les fourneaux du deux étoiles du Clarence, le chef s’apprête à ouvrir une nouvelle page en Bretagne. Direction Le Nautilus, une adresse de bord de mer à l’esprit gastro-pub, où il entend conjuguer exigence gastronomique, convivialité et prix contenus.
Pour le chef, ce départ ne relève ni d’une rupture ni d’un désamour de Paris. « J’adore Paris », rappelle-t-il volontiers. Mais après des années à la Bigarrade puis au Clarence, il estime être « arrivé au bout de quelque chose ». Surtout, il cherchait un projet capable de le sortir de ce qu’il connaissait déjà. Plusieurs propositions lui ont été faites, sans réellement provoquer d’élan. Jusqu’à cette opportunité bretonne : un ancien bistrot-bar avec licence IV, « dans son jus », situé à Penmarch.
Un terrain vierge ou presque, exactement ce qui l’anime. Car Christophe Pelé aime les lieux à reconstruire, les histoires à écrire. Il aime à rappeler que la Bigarrade était à ses débuts « un bar de voyous » qu’il avait fallu transformer, tandis qu’au Clarence tout était également à inventer sur le plan de la restauration, bien que la bâtisse fut déjà exceptionnelle. Avec Le Nautilus, il retrouve cette même idée : partir d’un existant chargé d’histoire et y imprimer sa propre vision.
Cette fois, le projet prend une forme plus libre. Le chef revendique l’idée d’« un restaurant gastronomique comme un pub » : une cuisine très travaillée, fidèle à son niveau d’exigence, mais dans un cadre accessible où l’on peut aussi simplement venir boire une bière. Pour lui, le sujet du prix est aujourd’hui central. L’ambition est donc de proposer « des choses bien faites à un prix raisonnable », sans créer de frustration au moment de l’addition.
Le Nautilus conserve d’ailleurs son nom d’origine, que le chef a immédiatement souhaité préserver. Une référence à Vingt mille lieues sous les mers et à tout un imaginaire maritime et fantasmagorique qui résonne avec l’environnement du lieu.Installé au plus près des produits, Christophe Pelé entend désormais travailler dans une relation encore plus directe avec son territoire. Il s’associe notamment au mareyeur Antoine Le Corre, ainsi qu’au restaurateur parisien Matthieu Garrel (Le Bélisaire – Paris), à l’origine du projet après avoir découvert l’établissement. Christophe Pelé évoque une cuisine portée avant tout par l’inspiration et le produit, moteur constant de son parcours. La proximité immédiate de la mer et du port artisanal nourrit déjà sa réflexion.
Côté équipe, Christophe Pelé embarque avec lui un collaborateur de cuisine et deux personnes de salle venue du Clarence. Une structure volontairement resserrée pour un projet sans excès de prétention revendiquée, mais avec une envie intacte de création et de plaisir. L’ouverture du Nautilus est prévue au début de la semaine prochaine. A.L.
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