Bruno Verjus mettra un terme à l’aventure de Table** le 22 décembre prochain, après treize années à la tête de son restaurant parisien. Une fermeture qui intervient après un parcours particulièrement remarqué : deux étoiles Michelin et une troisième place au classement The World’s 50 Best Restaurants en 2024, Table ayant encore figuré dans le Top 10 en 2025, à la huitième place.
Le chef de 67 ans ne présente pas cette décision comme un renoncement. « Je ne veux pas ralentir. Je veux changer de voie », écrit-il. Après avoir, pendant des années, bousculé les codes du fine dining – « moins de cérémonie, plus de vie ; moins de performance, plus de plaisir » –, Bruno Verjus estime surtout que le monde, le temps, l’argent et le luxe ont changé, et que la restauration doit évoluer avec eux.
Son constat interroge le modèle d’une haute gastronomie devenue toujours plus exclusive. Il dit vouloir conserver les grands produits, la cuisine, les idées et l’hospitalité, mais dans une approche « plus simple, plus rapide, plus abordable ». Une réflexion qui dépasse le seul destin de Table et pose une question très actuelle à la profession : comment préserver l’excellence tout en allégeant le poids économique et les codes qui l’accompagnent ? A.L.