Comment retrouver la "niaque", la cultiver et la transmettre ? C’était le fil rouge d’une rencontre du think tank Le Passe, fondé par Laurent Guez, avec Jacques Attali, venu présenter son livre La Niaque : comment devenir plus que soi, et Bérangère Loiseau, à la tête du groupe de restauration Bernard Loiseau. Devant des chefs patrons et salariés, l’échange a fait résonner deux regards : celui de l'essayiste Jacques Attali sur les ressorts du dépassement de soi, et celui de Bérangère Loiseau sur l’art de faire vivre et les ressorts pour faire grandir un héritage.
Pour Jacques Attali, la niaque peut naître d’une vocation, d’une revanche ou de la peur de l’échec. Elle se construit aussi dans la répétition : à mesure que l’on progresse, le plaisir de faire grandit. Cette énergie, que les chefs connaissent bien tant leur métier exige de passion, permet de sortir de l’ordinaire et de repousser ses limites. Bernard Loiseau l’incarnait avec une force communicative : chacun venait puiser auprès de lui l’élan nécessaire. Bérangère en assure aujourd’hui la continuité, tout en la transmettant à ses équipes.
La niaque, pourtant, a besoin d’un cap. Sans lucidité ni cadre, elle risque de tourner à l’impulsivité ou à l’épuisement. Savoir pourquoi l’on agit, ménager ses forces, dire non et rester à l’écoute des clients sont aussi des façons de la préserver. Dans une gastronomie en mutation, elle doit servir un projet solide, nourri d’une véritable connaissance du marché. C’est ainsi qu’elle peut entraîner les autres et durer bien au-delà de l’enthousiasme d’une ouverture.
Prochain rendez vous pour les membres du Think Tank le 26 octobre. A.L.