SE NOURRIR D’AILLEURS
Si la gastronomie française est reconnue dans le monde entier, influençant au fil des siècles d’innombrables tendances culinaires étrangères, l’inverse est également réciproque. Cette diversité qui façonne aujourd’hui nos tables constitue une véritable force culturelle et économique, illustrée par des chefs qui voient ici l’opportunité d’exprimer sans fard leur créativité.
L’huile d’olive, le vin, l’accélération de la culture du blé en France (Gaule) par les Romains ou encore l’exploration du Nouveau Monde et le retour des Indes introduisant épices et autres merveilles exotiques : la gastronomie française est, depuis des siècles, le fruit de savoir-faire, techniques et cultures de contrées dépassant nos frontières. Inscrit en 2010 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, le « repas gastronomique des Français » est la somme de cet afflux de saveurs – à l’époque inédites – exerçant une influence considérable sur notre cuisine d’aujourd’hui. Le bœuf bourguignon se revisite aux saveurs d’Inde ou d’Asie, tandis que la pizza se garnit de magret de canard fumé, et les sushis se confectionnent à base de riz de Camargue vinaigré… au vinaigre de cidre breton. Les frontières s’estompent, révélant l’hybridation émergente des cultures culinaires.
« Cette hybridation est au cœur de ma cuisine et de ma thématique depuis toujours », explique Alan Geaam. Le chef cuisinier français d’origine libanaise, né à Monrovia au Liberia, s’est installé à Paris en 1999. En 2017, il ouvrait le Restaurant Alan Geaam*
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