L’affranchi qui trace sa route

LE CHEF

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L’affranchi qui trace sa route

Michel Sarran est un électron libre. Celui pour qui « les produits sont une grammaire et la cuisine un moyen d’expression », se joue des codes de la bienséance culinaire. Une audace qui se révèle dans son restaurant éponyme à Toulouse. Le chef y délivre une conception toute personnelle de la cuisine où l’émotion est le premier vecteur de goût. « Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles. Ô mon païs, ô Toulouse, ô Toulouse… » L’ode de Claude Nougaro résonne encore le long des avenues bordées de platanes de la ville rose. A deux pas du Canal de Brienne, un autre amoureux de la capitale occitane y exerce son art. Dans un hôtel particulier, Michel Sarran délivre depuis 19 ans une cuisine dont la réputation en a fait le porte-drapeau de la ville. À 53 ans, celui qui confesse sans détour s’être « orienté par dépit dans cette voie », propose une cuisine signature pétrie d’émotions. Car, la cuisine de Michel Sarran est une autobiographie. A la manière d’une catharsis, le chef se dévoile, se met en scène et se révèle. Chaque plat contient un moment de vie que les goûts, les compositions et les saveurs nous restituent. De l’ordre de l’intime, cette cuisine invite le convive à se laisser guider dans les dédales du parcours atypique d’un chef non conventionnel.


Le « Doc du


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