Le Chef - 271 - Novembre 2016

Domaine Didier Dagueneau à Saint-Andelain (58)

Domaine Didier Dagueneau à Saint-Andelain (58)

Louis-Benjamin, la bonne relève


Tous deux nés dans la vigne, Charlotte et Louis-Benjamin Dagueneau ont perpétué avec talent le bel héritage laissé par leur père, Didier. Ce domaine dédié au Pouilly-Fumé délivre des millésimes précis et très appréciés des grands chefs de la gastronomie. La quintessence du sauvignon s’écrit sur les terres de Saint-Andelain !

C’est une belle histoire de famille et de transmission qui s’écrit depuis plus de 30 ans sur les terres ligériennes. Une histoire qui aurait pu s’arrêter brusquement un jour de 2008. « Quelques jours avant les vendanges, mon père est décédé. Avec ma sœur, Charlotte, on ne s’est pas posé de questions car il fallait rentrer le raisin. » Louis-Benjamin n’a alors même pas 30 ans. « Mais Didier m’a, dès le plus jeune, conditionné pour prendre la relève. Depuis le plus jeune âge, je vis dans les vendanges. »

Des vins appréciés aux quatre coins du monde
Au début des années 80, lorsque Didier Dagueneau se lance dans l’aventure du vin, le sauvignon n’a pas acquis de lettres de noblesse. « Il faisait partie d’une génération de pionniers qui n’avaient pas peur d’innover. Il a, à peu près, essayé toutes les techniques de vinification. Aujourd’hui, la grande différence, c’est qu’on sait ce qui fonctionne ou pas. » Aujourd’hui, les six cuvées produites sur le domaine de 12 hectares sont plébiscitées : le Blanc fumé de Pouilly (un assemblage de jeunes vignes de 5 à 20 ans), la cuvée Pur-Sang, le Buisson Renard, la cuvée Silex, le Clos du Calvaire et la cuvée Astéroïde qui n’est pas produite tous les ans. « Cette cuvée permet de retrouver le goût originel du sauvignon, elle est plus faible en alcool mais d’une grande intensité aromatique et taillée pour la garde. » Depuis 2005, le domaine produit également un hectare de Sancerre blanc sur le terroir des Monts Damnés de Chavignol. Sans oublier Les Jardins de Babylone, trois hectares de Jurançon de haut vol. « J’aime acquérir de l’expérience sur d’autres terroirs, c’est cela qui me plaît. »

Aujourd’hui âgé de 34 ans, Louis-Benjamin attaque son huitième millésime avec la même philosophie que son paternel, basée sur la rigueur et la sensibilité. « Ici, il y a une personne par hectare pour travailler au mieux les sols. On travaille manuellement mais on ne recherche pas de label bio ou autre car on sait très bien réfléchir sur le long terme. » Les chefs étoilés qui mettent en exergue les vins du domaine ne se comptent plus tellement ils sont nombreux. « J’aime les personnalités comme Didier Clément, César Troisgros ou Jean-François Piège qui s’intéressent vraiment au vin. J’ai des souvenirs d’accords mets-vins somptueux. » Pour le vigneron, un grand vin, « c’est celui qui a la tête du lieu et qui est taillé pour la garde. Identifiable et durable ».
En janvier 2016, la Revue du Vin de France l’a désigné « vigneron de l’année », une récompense « gratifiante surtout pour toute l’équipe qui travaille à mes côtés ». Désormais, Louis-Benjamin a un rêve : produire des vins rouges. « C’est mon envie mais je recherche encore le terroir. Le but est de bâtir des projets qui me tiennent à cœur. » L’avenir lui appartient !

Le domaine en chiffres

Production : 60 000 cols/an
Vente : 100 %
Exploitation : 12 ha
Employés : 15 personnes (1 par hectare)
Exportation : 60 % (partout dans le monde)
Références : 6 Pouilly-Fumé, 1 Sancerre blanc + 1 Jurançon
Grands millésimes : 2002, 2010, 2014

Stéphane Pocidalo


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