Des éthylotests électroniques obligatoires dans les bars
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a exprimé le souhait dimanche soir au journal télévisé de France 2 de mettre en place des éthylotests «obligatoires dans tous les débits de boisson» dès cet été, après un week-end marqué par plusieurs accidents meurtriers sur les routes. Un décret va être lancé, a-t-il indiqué, qui va rendre obligatoire dans tous les débits de boisson qui ouvrent jusqu'à deux heures du matin, des éthylotests électroniques obligatoires. Une annonce qui a surpris l'UMIH vu que le sujet était encore en discussion. Le syndicat hôtelier va saisir cette opportunité pour faire en sorte que les établissements ne soient plus responsables juridiquement, puisque le client aura l'occasion de vérifier lui-même son niveau d'alcoolémie.
Si c'est un éthylotest, «le coût sera très peu élevé parce que ce sont de petits matériaux» mais si le ministre «veut mettre en place un éthylomètre, que ce soit une machine murale ou qu'on peut poser sur un comptoir, on peut compter 2 500 à 3 500 euros, donc ce serait un coût relativement important qui se viendrait se rajouter», a relevé Francis Attrazic, vice-président de l'UMIH, pour solliciter dans ce cas une «aide de compensation» de la part de l'Etat. Bernard Quartier, le président de la Fédération nationale des cafés brasseries et discothèques (FNCBD), dépendant de l'UMIH, a été pour sa part beaucoup plus réticent ; «C'est vraiment dommage qu'on le fasse sans concertation. On a envie de faire un bon mot, alors on annonce un dimanche soir qu'on mettra des éthylotests: c'est une mesure ridicule », a-t-il protesté. «Nous venons de subir l'interdiction de fumer, la lutte contre l'alcoolisme, le bruit, l'hygiène. On nous en remet une couche. Je crois qu'on veut faire fermer ces établissements, c'est scandaleux», a-t-il dénoncé, soulignant que le nombre des cafés, en trente ans, est passé de 200 000 à moins de 40 000.
Dans la mesure où «les cafés, hôtels, restaurants ne vendent qu'un peu plus de 12% de l'alcool en France», Jean-Louis Borloo «devrait se retourner vers les supermarchés, les hypermarchés», a-t-il critiqué, faisant valoir que les cafetiers ont «un permis d'exploitation» et sont «formés pour vendre de l'alcool».
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13/05/2008
13/05/2008
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